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Devrais-je tester ?

Test de radon : le guide complet pour le Québec

Le radon n'a ni odeur, ni couleur, ni goût. Aucune inspection visuelle, aucun inspecteur en bâtiment et aucun voisin ne peut vous dire ce qu'il y a chez vous. Il n'existe qu'une seule façon de savoir : mesurer.

Cette page couvre le test lui-même : les types d'appareils, où les poser, quand, pendant combien de temps, et les erreurs qui ruinent une mesure. Pour interpréter le nombre une fois que vous l'avez, voyez comment lire votre résultat.

Qui devrait tester

Santé Canada recommande que toutes les maisons soient testées, peu importe l'âge, le type de construction ou la région. Ce n'est pas une précaution excessive : les niveaux de radon varient énormément d'une maison à l'autre, y compris entre deux maisons voisines bâties la même année par le même entrepreneur.

La raison est simple : le radon vient du sol, et il entre par les fissures, les joints de dalle, le puisard, le vide sanitaire et les passages de tuyauterie. Deux maisons identiques sur des sols identiques peuvent afficher des taux très différents selon l'état de leurs fondations et la façon dont elles sont ventilées.

Il y a toutefois des situations où tester devient nettement plus pressant :

  • Une chambre, un bureau ou une salle de jeu se trouve au sous-sol.
  • Quelqu'un fume dans la maison — le risque combiné est multiplicatif, pas additif.
  • Vous venez d'acheter, ou vous êtes sur le point de vendre.
  • Vous avez refait la dalle, les fondations ou le système de ventilation.
  • Vous avez rendu la maison plus étanche — meilleure isolation, fenêtres neuves.

Les deux familles d'appareils

Les dosimètres à long terme

Ce sont de petits boîtiers passifs — souvent au charbon actif ou à détection de traces alpha — qu'on laisse en place plusieurs mois, puis qu'on retourne à un laboratoire par la poste. Le laboratoire renvoie un résultat unique : la moyenne de la période.

C'est la méthode de référence. Elle est peu coûteuse, elle ne demande aucune manipulation, et sa moyenne sur trois mois est ce qui se rapproche le plus de votre exposition réelle. Son défaut : vous n'obtenez qu'un seul nombre, à la fin, et vous ne voyez rien de ce qui s'est passé entre-temps.

Les moniteurs électroniques continus

Ce sont des appareils actifs qui mesurent en continu et affichent une lecture qui évolue — sur un écran, dans une application, ou les deux. Ils coûtent plus cher à l'achat, mais ils se réutilisent indéfiniment et montrent les variations : l'effet d'une fenêtre ouverte, d'un changement de météo, du démarrage du chauffage.

Leur intérêt réel apparaît après des travaux d'atténuation : ils permettent de vérifier qu'un système fonctionne encore, des années plus tard, sans commander un nouveau test.

Quand tester

Pendant la saison de chauffage, soit d'octobre à avril au Québec. C'est la période où les maisons sont le plus fermées et où les concentrations sont les plus élevées. Un test d'été sous-estime presque toujours le taux réel.

C'est aussi pourquoi novembre est le mois de sensibilisation au radon : c'est le moment de l'année où poser un test a le plus de sens, et où le résultat sera le plus représentatif.

Où poser l'appareil

Le principe : mesurez là où vous vivez, pas là où le taux sera le plus haut. L'objectif est d'estimer votre exposition, pas de trouver le pire coin de la maison.

  • Le niveau habité le plus bas — généralement un sous-sol aménagé.
  • Dans une pièce réellement occupée : chambre, bureau, salle familiale.
  • À au moins 50 cm d'un mur extérieur et 20 cm d'autres objets.
  • Entre 0,8 et 2 m du sol, à hauteur de respiration.
  • Loin des courants d'air : fenêtres, portes, sorties de ventilation, plinthes chauffantes.
  • À l'abri de l'humidité directe et du soleil.

Un sous-sol de rangement non chauffé où personne ne met les pieds n'a pas besoin d'être mesuré. Si vous ne descendez jamais, votre exposition y est négligeable, quel que soit le taux.

Pendant combien de temps

Trois mois minimum. Santé Canada recommande une mesure d'au moins 91 jours pour obtenir une moyenne fiable.

La raison tient à la nature du gaz : les concentrations peuvent varier d'un facteur important d'une journée à l'autre, selon la pression atmosphérique, le vent, la pluie, le gel du sol et l'usage que vous faites de la maison. Une mesure de 48 heures peut donner 80 un jour et 400 le lendemain, dans la même pièce.

Cinq erreurs qui ruinent une mesure

  1. Tester l'été. La maison est ouverte, le taux est artificiellement bas, et vous vous croyez tranquille.
  2. Aérer pendant le test. Vivez normalement. Ouvrir les fenêtres « pour être sûr » fausse la mesure vers le bas et vous donne un faux négatif.
  3. Poser l'appareil dans le mauvais endroit. Sur le rebord d'une fenêtre, près d'une sortie d'air ou dans un placard fermé : trois façons différentes d'obtenir un chiffre qui ne veut rien dire.
  4. Se fier à un seul test court. Un résultat de 48 heures qui dit 90 ne vous dit pas que vous êtes sous le seuil. Il vous dit que ce jour-là, à cet endroit, il y avait 90.
  5. Oublier de retourner le dosimètre. Les laboratoires ont des délais de validité. Un dosimètre qui traîne trois semaines sur le comptoir avant d'être posté peut être refusé, ou fausser le calcul de la période.

Après le résultat

Vous recevrez un nombre en becquerels par mètre cube. Deux repères existent au Québec — 200 Bq/m³ selon Santé Canada, 100 Bq/m³ selon l'Organisation mondiale de la Santé — et ils ne répondent pas à la même question.

Lire notre explication des deux seuils et ce qu'ils impliquent pour votre maison →