100 ou 200 Bq/m³ ? Comment lire votre résultat de radon
Votre test vous a donné un nombre. Selon la source que vous consultez, ce nombre est acceptable ou inquiétant. Ce n'est pas une contradiction — c'est deux façons différentes de poser la question.
Combien avez-vous de radon chez vous ?
Entrez le chiffre de votre test, ou faites glisser la barre. On vous dit tout de suite où vous vous situez et quoi faire.
Le radon se mesure en becquerels par mètre cube, abrégé Bq/m³. Un becquerel correspond à une désintégration radioactive par seconde. Un résultat de 200 Bq/m³ signifie donc que, dans chaque mètre cube d'air de votre sous-sol, 200 atomes de radon se désintègrent à chaque seconde.
Ce chiffre seul ne veut rien dire tant qu'on ne le compare pas à un repère. Et c'est là que la confusion commence, parce qu'il en existe deux.
Les deux repères, et ce qu'ils veulent dire
200 Bq/m³ — la ligne directrice canadienne
C'est le chiffre officiel au Canada. Santé Canada l'a abaissé de 800 à 200 Bq/m³ en 2007, à la suite de nouvelles études épidémiologiques. C'est le seuil auquel les autorités recommandent d'entreprendre des travaux correctifs dans un délai raisonnable.
Il ne s'agit pas d'une limite entre « sécuritaire » et « dangereux ». C'est un seuil d'intervention : un niveau au-delà duquel le bénéfice de corriger dépasse clairement le coût des travaux, à l'échelle de la population.
100 Bq/m³ — le niveau de référence de l'OMS
L'Organisation mondiale de la Santé recommande un niveau de référence de 100 Bq/m³, en précisant que si ce seuil ne peut être atteint, il ne devrait pas dépasser 300 Bq/m³. Sa logique est différente : elle vise à minimiser le risque, pas à fixer un point d'intervention réaliste pour un parc immobilier existant.
Les deux organismes s'appuient sur la même science. Ils ne tranchent simplement pas la même question. Santé Canada répond à « à partir de quand faut-il agir ». L'OMS répond à « vers quoi faut-il tendre ».
La zone grise : entre 100 et 200
C'est la situation la plus fréquente, et la plus mal servie par l'information disponible. Vous êtes conforme à la norme canadienne. Vous êtes au-dessus du repère de l'OMS. Personne ne vous dira clairement quoi faire.
Trois éléments devraient peser dans votre décision, et aucun n'est le chiffre lui-même :
Est-ce que quelqu'un fume dans la maison ?
C'est le facteur qui change le plus l'équation. Le risque du radon et celui du tabac ne s'additionnent pas — ils se multiplient. Un fumeur exposé à un taux modéré de radon encourt un risque nettement plus élevé qu'un non-fumeur exposé au même taux. Dans un foyer où l'on fume, un résultat de 150 mérite une correction que le même résultat ne justifierait pas ailleurs.
Combien d'heures par jour passez-vous en bas ?
Le risque dépend de la dose cumulée, donc du temps d'exposition. Un sous-sol de rangement qu'on visite dix minutes par semaine et une chambre d'ado occupée dix heures par jour, au même taux, ne représentent pas le même risque. Si votre mesure a été prise dans une pièce peu occupée, elle surestime votre exposition réelle. Si elle vient de la pièce où quelqu'un dort, elle la représente bien.
Prévoyez-vous des travaux de toute façon ?
Le moment le moins cher pour installer un système d'atténuation, c'est pendant que le sous-sol est déjà ouvert. Si vous refaites la dalle ou finissez le sous-sol dans les deux prochaines années, un résultat de 150 vaut la peine d'être traité à ce moment-là plutôt que jamais.
Ce que le chiffre ne dit pas
Un test court ne vaut pas un test long
Si votre résultat vient d'un test de deux ou trois jours, traitez-le comme une indication, pas comme une mesure. Les concentrations de radon varient énormément d'une journée à l'autre selon la météo, la pression atmosphérique et l'usage de la maison. Seule une mesure d'au moins trois mois, prise pendant la saison de chauffage, donne une moyenne représentative.
C'est pour cette raison qu'un résultat élevé sur un test court ne devrait jamais déclencher des travaux à lui seul — mais devrait toujours déclencher un test long.
Le risque est cumulatif, pas immédiat
Un taux élevé de radon ne rend personne malade cette semaine. Le risque se construit sur des décennies d'exposition. Cela veut dire deux choses : il n'y a aucune urgence à quitter la maison, et il n'y a aucune raison de reporter indéfiniment la correction.
Que faire, selon votre résultat
| Résultat | Ce que ça veut dire | Ce qu'on ferait |
|---|---|---|
| Moins de 100 | Sous les deux repères. | Rien. Retester après des travaux majeurs au sous-sol ou aux fondations. |
| 100 à 200 | Conforme au Canada, au-dessus de l'OMS. | Décision personnelle. Corriger si quelqu'un fume, si une chambre est au sous-sol, ou si des travaux sont déjà prévus. |
| 200 à 600 | Au-dessus de la ligne directrice. | Corriger dans un délai de deux ans, selon Santé Canada. |
| Plus de 600 | Nettement au-dessus. | Corriger dans l'année. Faire appel à un professionnel certifié PNCR-C. |
Dans tous les cas où vous décidez d'agir, faites reprendre une mesure après les travaux. Un système d'atténuation bien conçu fait généralement chuter le taux de façon spectaculaire — mais c'est la mesure après coup qui le prouve, pas la facture.
Comment faire un test de radon chez vous →
Ce qu'implique un système d'atténuation →