Le radon par région au Québec : les chiffres de Santé Canada
La Gaspésie affiche 25,3 % de maisons au-dessus de la norme, la Mauricie 0 %. Voici les dix-huit régions du Québec, classées, avec le nombre de maisons réellement mesurées dans chacune — parce que c'est cette colonne qui dit si le pourcentage vaut quelque chose.
Santé Canada a mesuré le radon dans près de 14 000 habitations canadiennes entre 2009 et 2011, dont environ 1 800 au Québec. Les résultats sont publiés par région sociosanitaire. C'est la seule source publique qui permette de comparer les régions québécoises entre elles, et elle est étonnamment peu citée.
Le Québec s'en tire un peu moins bien que la moyenne canadienne : 8,2 % des habitations québécoises dépassent 200 Bq/m³, contre 6,9 % au pays. Mais cette moyenne provinciale masque un écart régional de un à vingt-cinq.
Les dix-huit régions, classées
Colonne de droite : nombre d'habitations mesurées. Les lignes pâlies reposent sur moins de 60 maisons et ne devraient pas être lues comme des mesures précises.
Ce qui explique les écarts
Le radon vient de la désintégration de l'uranium contenu dans la roche. Trois familles de formations en produisent nettement plus que la moyenne : les shales noirs, les roches ignées acides comme les granites, et les carbonatites. L'INSPQ a établi que là où l'uranium atteint 20 ppm dans les sédiments, la moyenne géométrique du radon intérieur monte à 215 Bq/m³ et plus de la moitié des bâtiments dépassent la norme fédérale.
Mais la roche ne suffit pas. Il faut aussi un chemin. Une couche épaisse d'argile marine — celle qui recouvre une bonne partie des basses-terres du Saint-Laurent — freine la remontée du gaz. C'est pourquoi Montréal, assise sur la même plaine que Laval, affiche presque deux fois moins de dépassements.
Les trois régions que l'INSPQ avait retenues dès les années 1990 comme zones d'investigation prioritaires — la Gaspésie, les Laurentides et l'Outaouais — se retrouvent toutes les trois dans le haut du classement vingt ans plus tard.
Les limites de ces données
Trois réserves, qu'il faut avoir en tête avant d'en tirer une conclusion sur votre maison.
Les mesures datent de 2009-2011
Le parc résidentiel a changé depuis : les maisons neuves sont plus étanches, ce qui tend à concentrer le radon, et les rénovations d'efficacité énergétique ont le même effet sur les maisons existantes. Aucune enquête d'ampleur comparable n'a été publiée depuis.
Les régions sont vastes
Une région sociosanitaire peut couvrir des géologies complètement différentes. La Capitale-Nationale est traversée par la ligne de faille de Logan : basses-terres d'un côté, Appalaches et Bouclier de l'autre. Une moyenne sur un tel territoire écrase des écarts locaux réels.
Une moyenne ne prédit pas une maison
C'est la limite qui compte le plus. Deux maisons voisines peuvent afficher des taux très différents selon l'état de leurs fondations, la présence d'un puisard, le type de sous-sol et la ventilation. Habiter une région à 3 % ne met personne à l'abri, et habiter une région à 25 % ne condamne personne.
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