Novembre, mois du radon : pourquoi c'est le bon moment pour poser un test
Ce n'est pas une date choisie au hasard. C'est le moment de l'année où une mesure devient enfin représentative de ce que vous respirez vraiment.
Novembre est le mois de sensibilisation au radon au Canada. On pourrait croire à une date arbitraire, choisie parce qu’il fallait bien en choisir une. C’est le contraire : c’est le moment de l’année où poser un test a le plus de sens.
La raison est physique
Les concentrations de radon dans une maison varient énormément selon la saison, et l’écart n’est pas marginal. Trois mécanismes se combinent à partir de l’automne.
Vous fermez la maison. Fenêtres closes, portes fermées, moustiquaires rangées. L’air intérieur se renouvelle beaucoup moins vite. Le gaz qui entre reste.
L’effet de cheminée s’intensifie. Une maison chauffée à 21 °C alors qu’il fait -15 °C dehors est en dépression par rapport au sol. Cette dépression aspire l’air du sol — avec le radon dedans. Plus l’écart de température est grand, plus l’aspiration est forte.
Le sol gèle en surface. Une croûte gelée agit comme un couvercle : le radon produit en profondeur ne peut plus s’échapper librement vers l’atmosphère. Il cherche le chemin de moindre résistance, et ce chemin passe souvent sous votre dalle, où le sol reste dégelé grâce à la chaleur du bâtiment.
Ce que ça veut dire pour un test d’été
Un test posé en juillet mesure la situation la plus favorable de l’année. Il peut donner un résultat rassurant pour une maison qui dépasse largement la norme en février.
C’est la raison pour laquelle Santé Canada recommande une mesure d’au moins trois mois pendant la saison de chauffage, soit approximativement d’octobre à avril au Québec.
Un test d’été n’est pas inutile — s’il révèle un taux élevé, le problème est certain et sérieux, puisqu’il apparaît dans les conditions les plus diluées. Mais un test d’été rassurant ne prouve rien.
Pourquoi novembre précisément
Un dosimètre de longue durée doit rester en place au moins 91 jours. Posez-le au début novembre, vous couvrez novembre, décembre et janvier — les trois mois les plus froids et les plus fermés de l’année québécoise. Vous récupérez le dosimètre début février et vous avez votre résultat avant le printemps.
Posez-le en janvier, vous finissez en avril, avec un mois de redoux qui dilue la moyenne. Posez-le en mars, vous mesurez surtout le printemps.
Novembre donne la fenêtre la plus représentative de l’année, et c’est tout ce que cette date veut dire.
Ce qu’il faut préparer avant
Si vous voulez tester cet hiver, la commande se fait en octobre. Les dosimètres se vendent par la poste et les délais de livraison comptent dans votre planification.
Trois choses à décider avant de commander :
Où poser l’appareil. Le niveau habité le plus bas, dans une pièce où quelqu’un passe réellement du temps. Pas le fond du rangement où vous allez trois fois par année. Les règles de placement sont détaillées ici.
Combien d’appareils. Un seul suffit pour la plupart des maisons. Deux se justifient si vous avez un sous-sol aménagé et un rez-de-chaussée occupé de façon comparable, ou si la maison a deux sections distinctes.
Quel type. Un dosimètre passif à retourner au laboratoire, ou un moniteur électronique réutilisable. La comparaison des deux approches est ici.
L’erreur à ne pas faire pendant le test
Vivez normalement. C’est tout.
La tentation est forte d’aérer « pour être sûr », ou au contraire de tout calfeutrer pour voir le pire scénario. Les deux faussent la mesure. L’objectif n’est pas de trouver le chiffre le plus bas ou le plus haut possible, mais celui auquel votre famille est réellement exposée.
Une exception : si vous partez trois semaines en février et que la maison reste à 15 °C, notez-le. La mesure restera valide, mais elle sera un peu en dessous de la réalité d’une maison occupée.
Et si vous lisez ceci en mai
Attendez l’automne. Un test posé maintenant vous donnera un chiffre que vous devrez refaire de toute façon.
La seule exception : une transaction immobilière, où personne n’a trois mois devant soi. Dans ce cas, un test de courte durée est la seule option praticable — et il faut le lire comme un indicateur, pas comme une mesure.
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