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Le blogue

Peut-on installer un système d'atténuation du radon soi-même ?

Techniquement, une personne bricoleuse en est capable. Il y a quand même de bonnes raisons de ne pas le faire — et une qui n'est pas celle qu'on croit.

Mis à jour le 16 septembre 2026 5 minutes

Un système de dépressurisation sous dalle n’a rien de sorcier sur le papier : un trou dans la dalle, un tuyau de PVC, un ventilateur, une sortie au-dessus du toit. Des propriétaires bricoleurs en installent.

La vraie question n’est pas « est-ce faisable ». C’est « qu’est-ce qui distingue une installation qui fonctionne d’une qui fait du bruit sans rien régler ».

Ce qui est effectivement à portée

Le scellement préparatoire. Boucher les fissures de la dalle avec un scellant souple, poser un couvercle étanche sur le puisard, sceller le joint périmétrique. C’est du travail minutieux mais accessible, et c’est la moitié de l’efficacité du système.

La pose de la tuyauterie. Assembler du PVC et le fixer le long d’un mur n’a rien d’exotique.

Le raccordement électrique du ventilateur, si vous êtes déjà à l’aise avec ça.

Ce qui l’est beaucoup moins

Le choix du point d’aspiration. C’est la décision qui détermine si le système fonctionne. Il faut trouver l’endroit d’où la dépression se propagera sous toute la dalle — ce qui dépend du type de remblai, de sa perméabilité, de la présence de murs de refend enterrés, et de la géométrie des fondations.

Un professionnel fait un test de champ de pression : il perce des trous d’essai, applique une aspiration, et mesure à quelle distance la dépression se propage. Ce test dit s’il faut un point d’aspiration ou trois.

Sans ce test, vous devinez. Et un système bien construit au mauvais endroit ne dépressurise qu’une fraction de la dalle.

Le dimensionnement du ventilateur. Trop faible, il ne crée pas assez de dépression. Trop puissant, il aspire surtout l’air chauffé de votre sous-sol à travers la dalle, ce qui fait monter votre facture de chauffage sans améliorer proportionnellement le résultat.

La sortie en toiture. Elle doit être assez haute et assez éloignée des fenêtres et des prises d’air pour que le gaz rejeté ne revienne pas. Mal placée, elle peut réintroduire le radon par une fenêtre de chambre. Et toute pénétration de toiture mal faite devient une fuite d’eau.

La vérification. Un système s’évalue par une mesure de radon après travaux. Si le résultat n’est pas satisfaisant, il faut savoir quoi ajuster.

Le risque qu’on n’anticipe pas

Ce n’est pas l’échec. C’est le faux succès.

Un système mal conçu fait du bruit, consomme de l’électricité, et affiche un manomètre déséquilibré — tous les signes extérieurs du bon fonctionnement. Le propriétaire se croit protégé.

Si personne ne remesure, l’erreur ne se découvre jamais. Vous avez dépensé de l’argent et du temps pour acquérir une fausse tranquillité d’esprit, ce qui est pire que de n’avoir rien fait — parce qu’au moins, sans système, vous sauriez que le problème est là.

Quelle que soit votre décision, la mesure après travaux n’est pas négociable.

Quand le faire soi-même a du sens

Un dépassement léger, autour de 250 à 300, dans un sous-sol simple, avec une dalle en bon état et un accès facile.

Une construction neuve avec un tuyau en attente. Si la maison a été bâtie avec une membrane sous dalle et un conduit bouché, il ne reste qu’à raccorder un ventilateur. C’est le cas le plus simple qui existe.

Le scellement seul, en attendant. Boucher le puisard et les fissures pendant que vous magasinez un installateur réduit déjà l’entrée.

Quand il ne faut pas

Au-dessus de 600. Le rapport entre le risque et l’économie ne tient plus.

Une fondation complexe : plusieurs paliers, sections sur vide sanitaire, agrandissements successifs, murs de refend enterrés. Le champ de pression devient imprévisible.

Si vous vendez bientôt. Un acheteur et son inspecteur voudront un rapport d’installation, et un système maison sans documentation devient un point de négociation contre vous.

Le point à vérifier avant tout

Nous sommes en train de confirmer ce que le Code de construction du Québec exige exactement pour ce type de travaux, si une licence RBQ est nécessaire selon la nature de l’installation, et ce qu’un permis municipal implique pour percer une dalle et traverser une toiture.

Nous ne publierons pas d’affirmation sur ces points tant que nous n’aurons pas la réponse à sa source. En attendant, posez la question à votre municipalité avant de commencer : c’est gratuit et ça prend un appel.

Sous-sol — air propre Ventilateur Point d'aspiration Rejet au-dessus du toit
La dépressurisation active sous dalle. Le ventilateur inverse le sens de circulation : le gaz part vers le tuyau au lieu de traverser votre plancher.

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