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La dépressurisation sous dalle, expliquée simplement

Un tuyau, un ventilateur, et l'inversion d'un sens de circulation. C'est tout le principe — et ça règle le problème dans la grande majorité des cas.

Mis à jour le 16 septembre 2026 5 minutes

Quand un test révèle un taux qui dépasse la norme, la solution reconnue porte un nom technique intimidant : la dépressurisation active sous dalle. Le principe, lui, tient en une phrase.

L’idée en une phrase

Au lieu d’essayer d’empêcher le gaz d’entrer ou de le diluer une fois entré, on l’aspire sous la maison et on le rejette au-dessus du toit, avant qu’il n’ait eu la chance de passer par votre plancher.

Pourquoi ça marche si bien

Rappelez-vous le mécanisme d’entrée : votre maison chauffée est en légère dépression par rapport au sol. Cette différence de pression, minuscule mais constante, aspire l’air du sol vers l’intérieur.

Un système d’atténuation inverse cette relation. En aspirant l’air sous la dalle, il met le sol en dépression par rapport au sous-sol. La différence de pression change de sens.

Résultat : l’air ne va plus du sol vers votre sous-sol. Il va de votre sous-sol vers le tuyau. Le radon est intercepté avant d’entrer.

C’est pour ça que les réductions sont si spectaculaires — couramment de 80 à 95 %. On ne filtre pas le gaz, on ne le neutralise pas : on change simplement le chemin qu’il emprunte.

À quoi ça ressemble

Le système comporte quatre éléments.

Un point d’aspiration. L’installateur perce la dalle de béton — un trou d’une dizaine de centimètres — et creuse une petite cavité en dessous, dans le gravier ou le sol. Cette cavité sert de chambre de collecte.

Un tuyau. En PVC, généralement de 100 mm, il part de ce trou et monte. Deux trajets possibles : à l’intérieur de la maison jusqu’au grenier puis par le toit, ou le long d’un mur extérieur jusqu’au-dessus de la toiture.

Un ventilateur. C’est le cœur du système. Un ventilateur spécialisé, conçu pour fonctionner en continu pendant des années, installé soit au grenier, soit à l’extérieur. Jamais dans l’espace habité : s’il fuyait, il rejetterait le gaz à l’intérieur.

Une sortie au-dessus du toit. Le rejet doit se faire assez haut et assez loin des fenêtres et des prises d’air pour que le gaz se dilue dans l’atmosphère sans revenir.

Ce qu’il faut sceller avant

Un système efficace suppose que les grandes ouvertures soient bouchées. Sinon, le ventilateur aspire surtout l’air de votre sous-sol au lieu de l’air du sol.

Trois points comptent particulièrement :

Le puisard. C’est souvent la plus grande ouverture de la maison vers le sol. Il doit recevoir un couvercle étanche — parfois le système y puise directement son aspiration, ce qui est élégant.

Les fissures importantes de la dalle et le joint périmétrique entre dalle et murs. On les scelle avec un scellant souple qui accepte les mouvements du béton.

Les planchers de terre battue dans un vide sanitaire ou une section non dallée. Ils reçoivent une membrane étanche.

Ces travaux de scellement ne suffisent jamais à eux seuls — c’est une erreur fréquente de croire qu’on peut « boucher » le radon. Le béton reste poreux et les fissures invisibles se comptent par dizaines. Mais le scellement rend le ventilateur beaucoup plus efficace.

Ce que ça change au quotidien

Le bruit. Un ventilateur correctement choisi et installé s’entend peu. Au grenier ou dehors, il est généralement inaudible depuis l’espace habité. Un système bruyant est un système mal installé ou mal dimensionné.

L’électricité. Le ventilateur tourne en continu, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, toute l’année. Sa consommation est faible — comparable à une ampoule — mais elle est permanente.

Le chauffage. Le système extrait de l’air du sol, pas de votre maison. L’effet sur la facture de chauffage est marginal, contrairement à une ventilation par fenêtre ouverte.

L’entretien. Presque nul. Un ventilateur de qualité dure des années. Mais il finira par lâcher, et c’est là que se trouve le vrai risque : il tombe en panne silencieusement, dehors ou au grenier, sans que personne s’en aperçoive.

Le manomètre, votre seul témoin

Tout système correctement installé comporte un manomètre — un petit tube en U rempli de liquide coloré, fixé sur le tuyau, visible depuis le sous-sol.

Quand le ventilateur fonctionne, le liquide est déséquilibré : un côté plus haut que l’autre. Quand il s’arrête, les deux niveaux s’égalisent.

Prenez l’habitude de le regarder. C’est le seul indicateur qui vous dira que votre système a cessé de vous protéger. Sans lui, vous découvririez la panne au prochain test — peut-être des années plus tard.

Et après l’installation

Faites reprendre une mesure. C’est non négociable.

Un système d’atténuation n’est pas garanti par sa facture, ni par la réputation de l’installateur. Il est prouvé par le chiffre qui suit. Un test de longue durée après travaux vous donne la preuve que le problème est réglé — et une référence pour comparer si vous mesurez à nouveau dans dix ans.

Les bons installateurs incluent cette mesure de vérification dans leur contrat. Si ce n’est pas le cas, faites-la vous-même.

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La dépressurisation active sous dalle. Le ventilateur inverse le sens de circulation : le gaz part vers le tuyau au lieu de traverser votre plancher.

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