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Le blogue

Cinq erreurs qui faussent un test de radon

Un test mal fait ne donne pas un résultat approximatif. Il donne un résultat faux, avec toute l'apparence d'un vrai.

Mis à jour le 16 septembre 2026 5 minutes

Sous-sol aménagé et occupé
Photographie d'illustration. Aucun lien avec une mesure réelle.

Un dosimètre mal posé renvoie quand même un nombre. Le laboratoire ne peut pas savoir qu’il était sur le rebord d’une fenêtre ouverte. Vous recevez un résultat d’apparence parfaitement normale, et vous prenez une décision dessus.

C’est ce qui rend ces erreurs coûteuses : elles ne se signalent pas.

1. Tester l’été

C’est l’erreur la plus fréquente, et la plus compréhensible — on y pense quand on fait le ménage du printemps.

L’été, la maison est ouverte, l’écart de température avec l’extérieur est faible, et l’aspiration du sol par effet de cheminée est minimale. Le radon qui entre se dilue rapidement.

Un test de juillet peut donner 70 Bq/m³ dans une maison qui monte à 300 en janvier.

Ce qu’il faut faire : mesurer pendant la saison de chauffage, d’octobre à avril. Si vous lisez ceci au printemps, attendez l’automne plutôt que de perdre un dosimètre.

2. Aérer « pour être sûr »

La logique paraît saine : on veut savoir si la maison est saine, alors on l’aère.

Sauf que l’objectif n’est pas de mesurer le meilleur scénario possible. C’est de mesurer ce que votre famille respire réellement. Si vous n’ouvrez pas normalement les fenêtres du sous-sol en janvier, ne le faites pas pendant le test.

L’erreur symétrique existe aussi : tout calfeutrer pour voir le pire. Elle donne un chiffre également faux, dans l’autre sens.

Ce qu’il faut faire : vivre normalement, et ne rien changer à vos habitudes pendant les trois mois.

3. Poser l’appareil au mauvais endroit

Trois placements ruinent une mesure :

Près d’une source d’air. Fenêtre, porte extérieure, sortie de ventilation, échangeur d’air. L’appareil mesure un courant d’air, pas la pièce.

Dans un espace fermé. Un placard, un tiroir, derrière une boîte. L’air n’y circule pas comme dans la pièce.

Dans une pièce où personne ne va. Le fond du rangement non chauffé donnera le chiffre le plus élevé de la maison — et ce chiffre ne correspond à l’exposition de personne.

Ce qu’il faut faire : le niveau habité le plus bas, dans une pièce réellement occupée, à 50 cm au moins d’un mur extérieur, à 20 cm des autres objets, entre 0,8 et 2 m du sol.

4. Se fier à un test de courte durée

Les tests de deux à sept jours existent et ont leur usage — essentiellement les transactions immobilières, où personne n’a trois mois.

Mais les concentrations de radon varient d’un jour à l’autre selon la pression atmosphérique, le vent, la pluie et le gel. Une même pièce peut donner 80 un mardi et 400 le jeudi suivant.

Un test court capture une photo. Une mesure de trois mois capture une moyenne. Seule la moyenne correspond à une exposition.

Ce qu’il faut faire : traiter tout résultat de courte durée comme une indication. Un résultat élevé justifie un test long — et parfois des travaux, s’il est très élevé. Un résultat bas ne prouve rien.

5. Oublier le dosimètre

Elle paraît bête, elle est fréquente. Un dosimètre passif doit être retourné au laboratoire dans un délai précis après la fin de la période d’exposition, parce que le comptage tient compte du temps écoulé.

Un dosimètre qui traîne trois semaines sur le comptoir de la cuisine avant d’être posté peut être refusé, ou fausser le calcul.

Variante : noter la mauvaise date de début. Le laboratoire calcule une moyenne sur la période que vous déclarez. Une erreur de trois semaines sur une mesure de trois mois déplace le résultat.

Ce qu’il faut faire : noter la date de pose le jour même, quelque part que vous ne perdrez pas, et poster le dosimètre dans les jours qui suivent le retrait.

L’erreur bonus : ne tester qu’une fois

Un résultat n’est pas éternel. Trois situations justifient de refaire une mesure :

  • après des travaux touchant la dalle, les fondations ou le drain ;
  • après une amélioration importante de l’étanchéité — fenêtres, isolation, calfeutrage ;
  • après l’installation d’un système d’atténuation, pour vérifier qu’il fonctionne.

Ce dernier cas est le plus important, et le plus souvent négligé. Un système d’atténuation n’est pas garanti par sa facture. Il est prouvé par la mesure qui suit.


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